Gaza, la dite communauté internationale et le bal des hypocrites à Charm El-Cheikh
Le génocide est suspendu jusqu’au prochain épisode, et les auteurs et complices jubilent en se posant dans leurs légendaires postures de pompiers pyromanes à Charm El-Cheikh.
Le sommet dit « de la paix », organisé par les faiseurs de guerre, le 13 octobre 2025, m’a rappelé le triomphalisme de Sarkozy à Benghazi en 2011 qui, après avoir contribué à détruire la Libye, se posait en sauveur (rendez-vous le 21 octobre pour incarcération à la prison de la Santé).
Ainsi, à Charm El-Cheikh, le chef d’orchestre du bal des hypocrites ne pouvait être autre que le leader du monde dit « libre », Donald Trump.
Les États-Unis de Donald Trump, coauteurs du génocide et chefs de la brigade des pompiers pyromanes
Donald Trump, avec son cynisme habituel et sa franchise appréciable, s’est amusé devant la Knesset (le Parlement israélien), juste avant d’aller en Égypte, en félicitant Israël, qui avait fait bon usage des armes, « les meilleures », selon lui, fournies par les États-Unis. Selon lui, c’est l’utilisation de ces armes par Israël qui a conduit à la paix.
Il a au moins le mérite de dire ce qu’il pense et de bannir le langage diplomatique du politiquement correct. Ainsi, Trump admet la responsabilité évidente des États-Unis dans le génocide commis à Gaza et, au-delà, dans toute la Palestine, en tant que fournisseur de l’arme du crime (contre l’humanité).
Oui, le génocide n’est pas seulement celui, bruyant et visible, de Gaza, mais aussi celui, silencieux et invisible, en cours partout en Palestine, par la colonisation, la confiscation des terres, l’exil organisé.
Alors, le candidat au prix Nobel de la Paix Donald Trump peut se targuer d’être le faiseur de paix, mais l’Histoire retiendra que les États-Unis sont bien l’État qui a su entretenir la guerre toutes ces années au Moyen-Orient. Aucun de ces génocides n’aurait eu lieu sans l’appui militaire et politique des États-Unis.
Mais, évidemment, ils ne portent pas seuls cette responsabilité devant le tribunal de l’Histoire.
Le Royaume-Uni, auteur du premier acte préparatoire
Au bal des hypocrites de Charm El-Cheikh était aussi présent, tout sourire, le Premier ministre du Royaume-Uni, Keir Starmer, se posant également en faiseur de paix. Celui qui avait laissé entendre qu’Israël avait le droit de se défendre en imposant un siège à Gaza, en coupant l’eau et l’électricité, avant de rétropédaler face à des défections dans son parti.
Le Premier ministre du pays qui posa le premier acte préparatoire du génocide contre le peuple palestinien : la Déclaration Balfour. Cette déclaration, dans laquelle un pays (le Royaume-Uni) promettait à un peuple (les Juifs) de lui accorder un foyer national dans un pays (la Palestine) qui ne lui appartenait pas.
Sa reconnaissance en 2025 de l’État palestinien, plus d’un siècle après, n’effacera pas le forfait historique que fut la Déclaration Balfour.
Alors, le Royaume-Uni, qui fait également partie des fournisseurs d’armes à Israël, peut bien se poser en faiseur de paix, mais là aussi le jugement de l’Histoire est implacable.
Emmanuel Macron ne pouvait pas manquer l’occasion
Empêtré dans une crise politique chez lui, dont il est le premier responsable, et en perte d’influence sur la scène internationale, Emmanuel Macron ne pouvait évidemment pas manquer l’occasion de participer au bal des hypocrites réunissant les pompiers pyromanes du monde.
Le pays dont la présidente de l’Assemblée nationale a assuré, je cite, un « soutien inconditionnel » à Israël, était également de la partie en Égypte.
Ses propagandistes tentent de surévaluer la reconnaissance française de l’État de Palestine, intervenue après celle du Royaume-Uni, de l’Espagne ou encore du Canada. Ils veulent nous faire croire que cette reconnaissance tardive et symbolique aurait précipité la paix. Quelle comédie !
L’Histoire retiendra ce « soutien inconditionnel » du pays dit des droits de l’homme à un État en train de commettre un génocide. Et le futur nous édifiera sur le rôle réel joué, notamment en matière de fourniture d’armes et de composants militaires, puisque, pour le moment, la France nie en livrer à Israël malgré de forts soupçons.
Les dirigeants du monde arabe et du tiers-monde aussi de la partie
Eux qui étaient en train de normaliser leurs relations diplomatiques avec Israël, dans le cadre des accords dits d’Abraham, ont à peine protesté contre le génocide. Ils se sont contentés de déclarations de principe creuses, préférant continuer tranquillement leur business avec Israël et les États-Unis.
Fini l’époque où des pays arabes, et plus largement du tiers-monde, prenaient des décisions collectives fortes pour bien moins que ce qui s’est passé à Gaza. Je pense notamment à la vingtaine de pays africains (y compris la Guinée) qui rompirent leurs relations avec Israël dans les années 1970, après la guerre du Kippour. Ou encore aux pays arabes qui rompirent leurs relations diplomatiques avec l’Égypte après sa reconnaissance de l’État d’Israël.
Bref, c’est la même rengaine. Les pompiers pyromanes allument le feu, l’attisent, l’éteignent, se félicitent et réclament de la gratitude, pendant que les victimes de leurs incendies pansent leurs plaies et peinent à sécher leurs larmes.
Baïla Amadou Traoré,
Citoyen africain de Guinée