Points de vue

Tour du monde de l’actualité de la semaine du 23 au 30 novembre 2025

Du “coup d’État ou coup monté” en Guinée-Bissau aux nouvelles lois environnementales en Australie, en passant par l’incendie meurtrier de Hong Kong, la diplomatie musclée de Donald Trump et les frappes d’hiver en Ukraine, la semaine a été dense.


Lafreecano.com vous propose un petit tour d’horizon, vu depuis Terre Africaine de Guinée.


Afrique – Guinée-Bissau : coup d’État ou coup monté ?


Mercredi 26 novembre, un coup d’état est annoncé en Guinée Bissau, par le président déchu lui-même à la presse dans un premier temps, après le communiqué officiel des militaires.


Le processus électoral en cours est suspendu, un Haut commandement militaire est mis en place, le général Horta Inta-a est investi président de la transition pour un an, et un gouvernement de transition polémique est déjà mis en place.


Dans la foulée, l’Union africaine et la CEDEAO suspendent la Guinée-Bissau de leurs instances, appliquant leur doctrine officielle de “tolérance zéro” contre les changements anticonstitutionnels de gouvernement. Embaló, lui, se réfugie d’abord au Sénégal, puis est signalé à Brazzaville.


Mais très vite, une autre lecture apparaît : certains acteurs régionaux parlent d’un “faux coup d’État”, une sorte de coup préventif pour bloquer la proclamation de résultats électoraux défavorables au président sortant. Il s’agit notamment du Premier Ministre sénégalais Ousmane Sonko qui a parlé de « combine » et aussi de l’ancien Président Nigérian Goodluck Johnathan.


Pour aller plus loin – Guinée-Bissau

1. Destitution du président Embaló : ce que l’on sait du coup de force en Guinée-Bissau – Jeune Afrique

2. New Military-Led Transitional Government Formed in Guinea-Bissau – Sputnik Africa

3. Jonathan Faults Guinea-Bissau “Ceremonial Coup”, Urges ECOWAS to Announce Election Results PanafricanVision

4. African Union suspends Guinea-Bissau after coup – AP News (EN)

5. Coup d’Etat en Guinée : « C’est une combine… le processus électoral doit se poursuivre! », déclare Ousmane Sonko – DakarActu



Asie – Hong Kong : l’incendie de Wang Fuk Court, un drame et un révélateur


Le 26 novembre, un incendie d’une violence rare ravage le complexe résidentiel Wang Fuk Court dans le district de Tai Po à Hong Kong. Sept des huit tours sont touchées. Les bilans évoluent de jour en jour, mais on parle désormais de plus de 120 morts, des dizaines de disparus et de blessés : le pire incendie qu’ait connu la ville depuis la fin des années 1940.


Les premiers éléments de l’enquête pointent un cocktail explosif :

échafaudages en bambou recouverts de filets plastiques ;

panneaux en matériaux hautement inflammables sur les façades ;

possibles manquements aux normes de sécurité et corruption dans l’attribution des marchés de rénovation.


Le drame choque profondément la population, mais il met aussi à nu la vétusté du parc immobilier, la spéculation et les failles d’un modèle où les plus pauvres s’entassent dans des tours en rénovation permanente. Pékin ordonne des inspections nationales de sécurité incendie sur les gratte-ciel, pendant que la société hongkongaise oscille entre deuil et colère contenue.


Pour aller plus loin – Hong Kong

1. 128 morts, une centaine de disparus… ce que l’on sait de l’incendie à Hong Kong – RTL

2. Hong Kong : le bambou au cœur de l’enquête après l’incendie dévastateur de Wang Fuk Court – HuffPost (FR)

3. Après l’incendie de Tai Po, la vétusté de Hong Kong pointée du doigt – Courrier International

4. Incendies qui ravagent des tours de Hong Kong : le bilan s’alourdit – Euronews (FR)

5. Incendie de Wang Fuk Court – Wikipedia (FR)



Amériques – États-Unis, Venezuela, Honduras : ciel fermé sur Caracas, grâce ouverte pour un narco-président


Sur son réseau Truth Social, le président américain Donald Trump annonce que l’espace aérien “au-dessus et autour du Venezuela” doit être considéré comme “fermé dans son intégralité”. Message adressé explicitement aux compagnies aériennes, mais aussi, dit-il, aux “trafiquants de drogue et d’êtres humains”.


Sur le plan pratique, l’annonce entretient la confusion (blocus total ? mesure de sécurité élargie ? posture rhétorique ?), mais sur le plan symbolique, le message est clair : militarisation du ciel et pression et menaces maximales sur Nicolás Maduro et le Peuple Vénézuélien.


Dans le même temps, Trump annonce qu’il va gracier l’ancien président du Honduras Juan Orlando Hernández, condamné en 2024 à 45 ans de prison pour trafic de drogue et détention d’armes. L’homme qui a transformé son pays en quasi “narco-État” bénéficierait ainsi d’une grâce “totale et absolue”. Décision explosive à quelques jours de la présidentielle hondurienne, où Trump, dans sa logique d’ingérence permanente en Amérique latine, soutient ouvertement le candidat conservateur Nasry “Tito” Asfura.


D’un côté, Washington menace de frapper le Venezuela au nom de la lutte antidrogue ; de l’autre, le même dirigeant se pose en protecteur d’un chef d’État condamné pour trafic international de cocaïne. 


Pour aller plus loin – Air, drogue et souveraineté

2• L’Actualité (FR, Canada) – « Trump déclare que l’espace aérien du Venezuela doit être considéré comme fermé »

https://lactualite.com/actualites/trump-declare-que-lespace-aerien-du-venezuela-doit-etre-considere-comme-ferme/  

3 • La Jornada (ES, ) – « Espacio aéreo de Venezuela está totalmente cerrado: Trump »

https://www.jornada.com.mx/2025/11/30/fotografia  

4 • El País (ES) – « Trump indultará al expresidente hondureño Juan Orlando Hernández preso por narcotráfico »

https://elpais.com/internacional/2025-11-28/trump-indultara-al-expresidente-hondureno-juan-orlando-hernandez-preso-por-narcotrafico.html  

5 AP News (EN) – « Trump’s pardon of ex-Honduran president Hernández injects wild card into election »

https://apnews.com/article/9cd64d1055c3a60bca9390f4474efdd2  



Europe – Ukraine : bombardements d’hiver, séisme politique et bras de fer sur la paix


Entre le 23 et le 30 novembre 2025, la question ukrainienne concentre l’essentiel de l’actualité européenne. Dans la nuit du 28 au 29 novembre, la Russie lance l’une de ses attaques les plus massives depuis le début de la guerre : environ 36 missiles et plusieurs centaines de drones visent l’Ukraine, en particulier Kyiv et les infrastructures énergétiques.  C’est le début clair de la campagne d’hiver de Moscou contre le réseau énergétique ukrainien, avec un message à l’Europe : l’hiver va être rude.


Au même moment, Kyiv est secouée par un séisme politique : le 28 novembre, le chef de cabinet de Zelensky, Andriy Yermak, son plus proche collaborateur et principal coordinateur des négociations de paix, démissionne après une perquisition de l’agence anticorruption dans le cadre du scandale dit “Operation Midas” dans le secteur de l’énergie. 


Enfin, cette semaine-là, l’Europe est directement impliquée dans le débat sur la “paix Trump”. Le 23 novembre, un document révélé par Reuters montre que les E3 (France, Allemagne, Royaume-Uni) ont rédigé une contre-proposition européenne au projet de plan de paix américain en 28 points.  Pendant que Kyiv subit les bombardements et une crise politique interne, Bruxelles tente en vain de peser sur les négociations de paix, tandis que Moscou et Washington avancent leurs propres agendas. 


Pour aller plus loin – Ukraine, vue d’Europe et de Russie (23–30 novembre)


The Guardian (EN) – sur l’attaque du 29 novembre

« Six dead and dozens wounded in Russian attack on Ukraine »


Sputnik Afrique (FR) –

« Avancée significative de l’armée russe sur le front en 24 heures » (frappe massive contre le complexe militaro-industriel ukrainien et les infrastructures énergétiques) 


TASS (EN, agence d’État russe) – version officielle de Moscou sur la même attaque

« Russian forces strike Ukrainian industry and energy sites in retaliatory measures »


Reuters (EN) – sur l’attaque massive et les coupures de courant

« Vast Russian overnight attack on Ukraine kills six, wounds dozens »

 

The Guardian (EN) – sur la chute de Yermak

« Zelenskyy faces ‘mini-revolution’ as Yermak’s fall reshapes Ukraine’s wartime power system »

👉  

Reuters (EN) – texte de la contre-proposition européenne au plan US (28 points)



Océanie – Australie : une réforme majeure des lois environnementales


En Australie, le Parlement vient d’adopter une réforme majeure de la loi fédérale sur l’environnement (EPBC Act), après un accord tendu entre le gouvernement travailliste et le parti des Verts.


Au cœur du deal :

création d’une Agence nationale de protection de l’environnement indépendante ;

hausse des sanctions pour les atteintes graves à l’environnement ;

fermeture de plusieurs brèches juridiques (défrichements à haut risque, accords forestiers régionaux) qui échappaient jusque-là à la loi fédérale ;

abandon d’une clause très controversée qui aurait permis d’approuver plus facilement certains projets de charbon et de gaz au nom de “l’intérêt national”.


Les milieux d’affaires et certaines filières minières dénoncent un texte trop contraignant ; les ONG écologistes, elles, saluent un progrès historique tout en pointant les compromis et les délais d’application. Pour Canberra, il s’agit de concilier trois impératifs contradictoires :

protéger la nature, accélérer les projets de transition énergétique et de logement, et maintenir l’attractivité pour les investisseurs.


Cette réforme montre à quel point le débat environnemental, même dans un pays riche, reste un rapport de force permanent entre climat, industries extractives et intérêts électoraux.


Pour aller plus loin – Réforme environnementale en Australie


1. L’Australie durcit sa législation sur l’environnement – Le Courrier du Vietnam

2. L’Australie engage une réforme majeure de ses lois environnementales après un accord avec les Verts – ZoneBourse / Reuters (FR)

3. Le Parlement australien a adopté une nouvelle loi environnementale… – Les Nouvelles Calédoniennes (post Facebook)

4. Australia set to overhaul environment laws in deal with Greens – Reuters (EN)

5. Environment protection reforms – Gouvernement australien (DCCEEW)


Baïla Amadou Traoré 

Citoyen Africain de Guinée